Bordeaux, qui n'a besoin que d'un nul jeudi à Bruges (21h05) pour valider sa qualification, s'appuie sur une défense de fer qui n'a pas encaissé le moindre but sur ses quatre derniers matches.
Le chiffre a, indéniablement, sa portée. De tous les clubs engagés en Ligue Europa cette saison, Bordeaux est pour l'instant celui qui a subi le moins de tirs cadrés (sept en quatre matches). On ne se présente pas face à Cédric Carrasso comme ça. On a d'abord à passer la meilleure défense de Ligue 1 (ex-aequo avec le PSG, 7 matches sans prendre de buts), tantôt à 4, tantôt à 5, selon l'adversaire et selon qu'il s'agit d'un déplacement ou pas. Dans l'une comme dans l'autre formule, Francis Gillot cherche l'équilibre et une permanente adaptation. «Il faut insister sur les joueurs qui tiennent la baraque derrière, demandait d'ailleurs Jaroslav Plasil lundi dans nos colonnes. Cédric Carrasso est toujours là, Carlos Henrique est revenu à son meilleur niveau et Lamine Sané peut jouer partout !»
Selon le capitaine girondin, les lauriers seraient donc, cette saison, à distribuer à l'arrière-garde. Car si Bordeaux fonctionne si bien actuellement, c'est parce qu'il a d'abord trouvé la bonne formule derrière avec cette ligne mouvante au gré du match et ce turn-over assumé. Symbole de cette recette ? Lamine Sané, défenseur central un jour au sein de la ligne à 5, et milieu récupérateur l'autre quand le 4-4-2 en losange reprend ses droits. «On le met à toutes les sauces et il répond à chaque fois présent», se réjouissait ainsi Francis Gillot début octobre. Au milieu de terrain, un des joueurs bordelais est en outre constamment assigné aux tâches défensives, qu'il s'agisse de Landry N'Guémo le plus souvent, Lamine Sané (contre Marseille, il était chargé de surveiller Valbuena) ou Grégory Sertic. Ensuite, les Girondins bénéficient également du retour en forme du Brésilien Henrique, redevenu un titulaire quasi indiscutable en défense dans chacune des formules choisies : «Carlos était un joueur fruste, à l'état brut. Il se contentait de dégager loin, d'utiliser sa masse physique, d'aller au contact. Depuis un an et demi, je trouve qu'il a énormément progressé. Sa relance est beaucoup plus propre. Il est plus appliqué», soulignait la semaine dernière Eric Bedouet dans France Football
Tout cela, conjugué à la forme constante de Cédric Carrasso, explique l'hermétisme des Girondins, qui restent sur quatre matches sans encaisser le moindre but. Mais gare toutefois à l'excès d'optimisme : certes, Bordeaux n'a besoin que d'un match nul pour accrocher sa qualification, mais il fait toutefois preuve d'un plus grand manque de réussite dans la zone de vérité défensive en Ligue Europa. Sur ces fameux sept tirs cadrés en quatre matches, quatre ont débouché sur des buts adverses (dont un consécutif à une bourde de Kevin Olimpa contre le Maritimo Funchal). Là encore, un chiffre à prendre au pied de la lettre. (A.-S.B, avec Opta)
Fonte: lequipe

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