Titulaire inamovible au poste d’arrière droit depuis deux ans, Mariano rêve toujours de disputer la Ligue des champions.
Une fois par semaine, il donne des nouvelles à la famille restée au Brésil, du côté de São Paulo. Ni mail, ni téléphone, encore moins de carte postale, un poste de télévision suffit : « Ils peuvent me voir jouer grâce à une chaîne qui diffuse tous les matches du championnat de France
Impossible de le rater : cinquième joueur le plus utilisé par Francis Gillot cette saison (derrière Sané, Carrasso, Saivet et Henrique) sans avoir joué une minute de Ligue Europa, Mariano est le seul de l'effectif bordelais à avoir débuté les 32 journées de Ligue 1 (1). Et cela devrait durer jusqu'à la fin de la saison tant le Brésilien est incontournable au poste d'arrière droit. « Je jouais déjà beaucoup au Brésil (119 matches en trois ans avec Fluminense NDLR). Ça me va très bien, personnellement », souriait-il lors de l'entretien qu'il nous a accordé, pour la première fois en français, mercredi matin après l'entraînement au Haillan.
Son caractère discret reste caché derrière le masque d'un visage peu expressif. Mais la maîtrise de notre langue lui permet maintenant d'en dire un peu plus sur ses deux années françaises. « Bordeaux est une belle ville, je m'y suis bien adapté. C'est un peu plus difficile pour mon épouse qui est très timide et qui a encore du mal à parler français. Mais ça va
Adapté à l'Europe
En deux années pleines en France, il a aussi eu le temps d'apprivoiser les différences de mentalité sur le terrain. « Le jeu, ici, est complètement différent de ce que j'ai connu au Brésil où c'est plus lent et davantage basé sur la technique et la possession du ballon. En France, ça va vite d'un but à l'autre, le ballon court beaucoup.
Ce contre-attaquant naturel a vite compris que la Ligue 1 ne lui laisserait pas les mêmes libertés que la Série A brésilienne. « J'aime beaucoup aller de l'avant mais quand je monte, en France, je sais que je vais devoir revenir vite à la perte du ballon. Je pense avoir beaucoup progressé défensivement au contact du football français même si je dois faire mieux offensivement ». Après tout, c'est ce qu'il cherchait. Un nouveau contexte, et la lumière d'un des principaux championnats européens.
Car c'est toujours clair dans son esprit, les Girondins n'étaient qu'une étape dans un plan de carrière. Et le restent : « Quand je suis parti du Brésil, je voulais jouer dans un grand club français comme Bordeaux. J'ai beaucoup travaillé pour cela, les Girondins m'ont apporté beaucoup de bonnes choses, j'y ai gagné un titre (la Coupe de France 2013 NDLR). Je voulais réussir ici. Mais mon objectif reste de trouver un plus grand club qui me permettra de jouer la Ligue des champions.
Deux ans de contrat
Vue la pente actuelle, cela ne sera pas avec Bordeaux. Même s'il lui est « un peu compliqué » d'évoquer son avenir à deux ans de la fin de son contrat, Mariano n'oublie pas de regarder là-haut. À bientôt 28 ans, le temps commence à lui être compté.
En attendant qu'une fenêtre s‘ouvre, peut-être lors du prochain mercato, il reste concentré sur la fin de saison des Girondins. Regrette « ces quatre ou cinq matches qu'on n'a pas su gagner alors qu'on en était capables. Notre grand problème, ce sont ces buts encaissés en fin de rencontre. On fournit beaucoup d'efforts pour marquer et on gâche tout en faisant des cadeaux à l'adversaire. Je n'arrive pas à l'expliquer. Sûrement un problème de concentration
Il reste six matches aux Bordelais pour terminer la saison sur une bonne note, maintenant que la cinquième et dernière place éventuellement européenne semble inaccessible.
Puis Mariano se transformera en supporter de la Seleçao pendant le Mondial au pays. Sans regret - « Felipao (Scolari le sélectionneur NDLR) a trouvé son équipe » - devant sa télévision, entouré de ses amis et de sa nombreuse famille. Mais cette fois, tous seront du même côté du poste.
1) 2 765 minutes sur 2 880 possibles en Ligue 1, 102 matches (2 buts) avec Bordeaux depuis son arrivée.
by: sudouest.fr

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